Je vis dans le passé, obsédée par mes erreurs, à me dire que j'aurai du essayer de lancer une relation stable, que j'aurai du essayer de me faire violence pour tenter quelque chose, mais que finalement ça n'aurait pas été bon pour moi. Mais alors je me serai ramassée la gueule, parce que probablement que ça n'en vaudrait pas la peine. Mais au moins j'aurai connu l'excitation et que alors, alors seulement, je souffrirai pour une vraie raison. Je ne passerai pas mon temps à attendre la léthargie post cuite, ce moment ou le cerveau fond dans sa cavité cranienne. Ce moment ou finalement chaque battement d'aile, chaque goutte qui s'écrase contre la surface de l'eau, devient un véritable tremblement de terre. Ou tout fait si mal, et qu'on se dit que la vie, on la deteste, mais pour des fausses raisons. Oui, je pense vraiment que je ne peux pas supporter la vie, tout simplement parce qu'elle m'écrase, qu'elle me compresse, qu'elle me maltraite et que je n'arrive pas du tout à la gérer, à comprendre ne serais-ce qu'un tiers de ce qu'elle propose. Elle est bien trop énorme pour moi, et je suis bien trop peureuse et inutile pour lui faire face, la combattre, et finalement jouer avec qu'elle jusqu'à ce qu'elle remporte la partie. Au contraire, je me laisse achever par elle à petit feu, en attendant impatiemment que ça arrive et en priant pour que ce soit rapide mais sale. Je sais encore une fois que ceci n'a aucun sens, les mots sortent sans cohérence, à mesure que cela se bouscule dans mon esprit. Tout ça cogne et frappe dans ma tête, me donne des envies de vomir et les conclusions arbitraires que je retire de toute cette saloperie de blabla me donne vraiment envie de me faire beaucoup de mal, de souffrir sur la surface de mon corps pour ressentir quelque chose de plus, pour maitriser un tant soit peu la douleur intérieure, sans toutefois parvenir à un apaisement prolongé.
Toute cette daube ne sert à rien. Ecrire me soulage trop peu pour que je place cette activité au centre de mon cercle de soulagement. Il faudrait vraiment que je commence à toucher le fond un peu mieux pour pouvoir ressortir un peu plus.
Je vais m'arrêter là.